L’équivalence ricardienne, c’est quoi ? Allez lire cet article de Tim Harford qui, comme d’habitude, explique les choses très clairement. En une phrase, l’idée est la suivante : toute augmentation présente de la dette de l’Etat (par une baisse des taxes ou un financement des dépenses publiques par l’emprunt) implique une augmentation équivalente dans le futur des impôts pour rembourser la dette avec les intérêts. Si les agents font des anticipations rationnelles, alors ils anticipent cela et toute les sommes supplémentaires issues de la mesure budgétaire sont épargnées, en prévision de l’augmentation future des impôts. Conclusion : la politique budgétaire ne sert (presque) à rien. On doit la formulation moderne de cette idée à Robert Barro.
Maintenant, pour que l’équivalence ricardienne soit effective, plusieurs conditions sont requises (voir ce papier) : un marché des capitaux parfait, une valorisation suffisante par les individus du futur (un individu qui a une préférence totale pour le présent n’épargnera pas), etc. Toutefois, qu’il soit empiriquement vérifié ou pas, le théorême de Ricardo-Barro a un intérêt : souligner comment les actions et les anticipations des individus peuvent affecter les politiques économiques, histoire de sortir des représentations mécanistes héritées de la macroéconomie keynésienne.
Sur le sujet, à lire aussi cet article sur RCE.
