Les institutions pour un économiste, c’est quoi ?

Ceux qui lisent plus ou moins régulièrement ce blog (je les en remercie au passage) se sont probablement rendus compte qu’il est souvent question « d’institutions ». Néanmoins, je n’ai encore pas pris le temps de donner une définition précise du concept tel qu’il est utilisé en économie. Je vais m’atteler à cette tâche ici, tâche qui au passage n’a rien d’évidente tant la signification de ce concept est flottante et source de débats.

Dans le langage courant, le terme « institution » est souvent utilisé pour désigner certaines organisations jugées importantes (par exemple, la Banque de France). Dans le domaine juridique, on entend souvent par ce terme les différents corps de l’Etat, tels que l’Assemblée nationale ou le Sénat. L’économiste a quant à lui une définition différente et aussi beaucoup plus large.

 

1. Un peu d’histoire…

Formellement, le premier économiste a avoir utilisé le concept d’institution dans un sens proche de celui d’aujourd’hui en économie est l’auteur allemand Gustav Schmoller. Pour ce dernier, une institution est « un arrangement pris sur un point particulier de la vie en communauté, servant à des buts donnés, arrivé à une existence et à un développement propres, qui sert de cadre, de moule à l’action des générations successives pour des centaines ou des milliers d’années : la propriété, l’esclavage, le servage, le mariage, la tutelle, le marché, la monnaie, la liberté industrielle, voilà des exemples d’institutions » (Principes d’économie politique, p. 149). Et d’ajouter : « Il s’agit pour chaque institution, d’un ensemble d’habitudes et de règles de la morale, de la coutume et du droit, qui ont un centre ou un but en commun, qui se tiennent entre elles, qui constituent un système, qui ont reçu un développement pratique et théorique commun, qui, solidement enracinées dans la vie de la communauté, sont comme une forme typique ne cessant d’attirer dans son cercle d’action les forces vivantes » (ibid.). Par la suite, ce sont les économistes institutionnalistes américains tels que Thorstein Veblen et John R. Commons qui vont mettre au centre de leurs analyses le concept d’institution. Pour Veblen, les institutions sont « des habitudes de pensée dominantes à un moment donné dans une communauté » (Théorie de la classe de loisir). Commons les définie comme « l’action collective dans le contrôle, la libération et l’expansion de l’action individuelle« .

Les définitions sont donc larges (certains diront vagues). En résumé, pour les économistes du début du 20ème siècle, les institutions sont des règles issues de représentations collectives qui guident les comportements des individus, notamment lors de leurs transactions économiques. A partir des années 40, les courants institutionnalistes tombent en désuétude et le concept d’institution disparait quasiment totalement du vocabulaire de l’économiste jusqu’aux années 70.

2. Le concept d’institution dans l’analyse économique moderne    

Le premier économiste à réintroduire la notion d’institution (si l’on excepte le cas particulier de Coase) est Oliver Williamson, initiateur de la théorie des coûts de transaction. Avec Williamson mais aussi Douglass North apparait en effet dans les années 70 un nouveau courant, dit de la « nouvelle économie institutionnelle » ou néo-institutionnalisme. En gros, il s’agit de reprendre les objets d’étude des premiers institutionnalistes mais de les analyser avec les outils de l’analyse économique moderne. Depuis maintenant 25 ans, c’est une littérature abondante, orthodxe et hétérodoxe, qui se propose d’étudier les institutions d’un point de vue économique. Et pourtant, si vous trouviez les définitions des premiers institutitonnalistes peu claires, on ne peut pas dire que les choses se soient véritablement améliorées depuis…

Je ne m’attarderai pas sur les débats qui ont conduit à la situation actuelle pour me contenter de dresser l’état des lieux présent concernant le concept d’institution. En forçant un peu le trait, on peut distinguer quatre manières de définir ce dernier :

*  Les institutions en tant que règles imposées « d’en-haut ». C’est la définition telle qu’on la retrouve chez Williamson et à un degré moindre chez North. Pour Williamson, les institutions sont issues des arrangements passés entre les individus pour réduire les coûts de transaction. Par exemple, moi entreprise A, je produit un composant très spécifique dont certaines entreprises ont besoin pour produire un bien particulier. Etant donnée la spécificité de mes actifs et l’incertitude relative, je vais chercher à m’entendre avec une de ces dernières pour améliorer la coordination de nos activités. Cela peut aboutir sur un arrangement institutionnel pouvant prendre des formes diverses (jusqu’à l’intégration verticale). Dans les années 70, North adopte une définition très proche de celle de Williamson : les institutions sont des règles élaborées par les individus pour réduire l’incertitude et les coûts de transaction. Aujourd’hui, sa position a évolué. Il définit les institutions comme « les règles du jeu » qui encadrent les actions des individus. North distingue deux types d’institutions : d’une part les institutions formelles qui sont le produit intentionnel des individus, des « échafaudages » construits dans le but de réduire l’incertitude ; d’autre part, les institutions informelles qui sont en fait le produit des coutumes et des croyances des individus, fermement ancrées dans la culture, et très lentes à évoluer.

* La définition « sociologique » qui est celle adoptée en majoritée par les approches hétérodoxes. G. Hodgson définit ainsi une institution comme « un système de règles sociales prévalentes et établies qui structurent les interactions sociales« . De ce point de vue, une institution est composée d’un ensemble de croyances, de coutumes, de règles formelles (juridiques), de conventions qui indiquent (consciemment ou pas) à un individu ce qu’il doit ou peut faire. Elles contraignent et permettent l’action simultanément. Dans cette acception, il y a une relation étroite entre les « habitudes de pensée » (c’est à dire des propensions à certains comportements qui sont plus ou moins inconscientes) et les institutions : les habitudes de pensée génèrent des comportements qui en s’agrégeant, produisent ou reproduisent des institutions. En retour, ces institutions contribuent à renforcer les habitudes qui les ont engendrées en poussant au conformisme via une pression normative (que l’on pense à la consommation ostentatoire chez Veblen, par exemple).

* Les institutions en tant qu’équilibres de jeu ou que jeu dans son ensemble. Il s’agit là de l’approche de la théorie des jeux telle qu’elle a été élaborée notamment par Andrew Schotter. L’institution correspond alors soit à un équilibre de Nash, soit elle est le jeu dans son ensemble (tel qu’il est défini par les joueurs présents, la matrice de gain et les stratégies disponibles). Le problème de cette approche est qu’elle conduit à une régression infinie : en effet, si l’institution est l’équilibre de Nash, il faut expliquer les autres institutions (le jeu) par un autre jeu, un méta-jeu. Si l’institution est le jeu dans son ensemble, ici encore on n’explique pas comment et qui a construit le jeu.

* La quatrième approche essaye de faire la synthèse des deux précédentes en combinant jeux répétés ou évolutionnaires et analyses historiques contextualisées. C’est notamment la démarche suivie par M. Aoki et A. Greif. Ce dernier définit une institution comme « un système de règles, de croyances, de normes et d’organisation qui, ensembles, génèrent une régularité de comportement« . En d’autres termes, cela veut dire qu’une institution se manifeste par des comportements répétés qui, eux-mêmes, contribuent à reproduire l’institution. L’esclavage légal tel qu’il a existé aux Etats-Unis est un exemple d’institution : il repose sur certaines organisations (certaines communautés blanches, les autorités légales du sud), sur des croyances et des normes (normes internalisées justifiant l’esclavage, croyances portant sur le comportement des autres blancs, noirs et autorités légales), et se traduit par une régularité de comportement : la mise en application effective de l’esclavage des noirs par les blancs. Sur le plan formel, l’émergence et l’évolution des institutions sont modélisées par le biais de jeux répétés ou évolutionnaires où les paramètres du jeu initial (construit à partir d’une analyse historique spécifique) peuvent évoluer au fur et à mesure que le jeu se répète. On peut alors comprendre, par le simple fait de comportements rationnels (pour les jeux répétés) reposant sur des croyances sur les actions des autres et les gains anticipés, comment une institution s’auto-renforce à travers le temps ou, au contraire, se désagrège.

 

3. Deux applications concrètes

 Même si les nuances entre ces différentes définitions ne paraissent pas forcément évidentes, elles ont quelques implications lorsqu’elles sont mises en pratiques. Par exemple, la définition n° 3 (celle de la théorie des jeux) conduit à considérer que les organisations (donc les entreprises) ne sont pas forcément des institutions. La définition n°1 laisse supposer que tandis que les individus peuvent rationnellement et consciemment changer les institutions formelles, les institutions informelles sont des freins au changement et au progrès. Mais ce faisant, on postule plus qu’on explique l’inertie de ces dernières. Les définitions 2 et 4 sont probablement les plus prometteuses, la 4 parce qu’elle offre un cadre générique et formelle pour analyser la formation et l’évolution des institutions, la 2 parce qu’elle pousse à s’intéresser au contexte historique et à des comportement à première vue « irrationnels » (qui, après analyse, ne le sont peut être pas, cf. le débat Ariely/Harford). Pour être plus concret, voici deux exemples d’institutions qui intéressent en premier lieu les économistes : l’entreprise et le marché.

L’entreprise est bien sur une organisation, au sens où elle « divise le travail puis le coordonne » (cf. Mintzberg). Mais elle est aussi une institution, et ceci sur les plans à la fois interne et externe. Sur le plan interne, on peut penser la dimension institutionnelle de l’entreprise en partant de cette matrice :                               

      Employeur  
    Rém. Max   Rém. Min
  Effort max 2 ; 2   0 ; 3
Employé        
  Effort min 3 ; 0   1 ; 1

Il s’agit du dilemme du prisonnier appliqué à la relation salariale, tel que l’a fait Harvey Leibenstein dans un article de 1982. En effet, d’un point de vue strictement rationnel, dans une entreprise, un salarié a intérêt à en faire le moins possible et un employeur à payer ses employés le moins possible. A priori, c’est la solution [effort min/rém min] qui devrait émerger. Il est évident qu’en pratique ce n’est pas le cas et c’est précisément la dimension institutionnelle de l’entreprise qui permet de comprendre ce phénomène. L’entreprise est en effet composée d’un ensemble de règles, normes et croyances qui expliquent que le salaire et l’effort des salariés divergent de ce que prédit un raisonnement économique brut : l’existence d’un salaire minimum (règle juridique), convention d’effort issue d’un mimétisme et d’une pression collective entre salariés (normes), anticipations des attentes des collègues et des supérieurs (croyances sur le comportement des autres), conscience professionnelle (croyance sur ce qui est « bien »), dispositif de contrôle mis en place par l’entreprise du genre badge et autre (règle formelles), etc. L’entreprise est donc bien composée d’un ensemble de règles et croyances dont le contenu détermine d’ailleurs largement ses performances. Mais l’entreprise est également une institution sur le plan externe : sa reconnaissance juridique (pour les puristes, ce n’est pas l’entreprise mais la société qui est juridiquement reconnue) repose le fait qu’il lui soit conférée la personnalité morale par les pouvoirs publiques, et l’entreprise peut également agir en tant que « faiseuse de règles » via des activités de lobbying ou de rent-seeking. Dans une perspective régulationniste, l’entreprise est aussi le lieu où est en grande partie définie le « rapport salarial » qui contribue à structurer les relations économiques dans leur ensemble. Enfin, en tant qu’institution et organisation, l’entreprise contribue aussi à définir les contours du marché, qui est lui-même une institution.

Dire que le marché est une institution peut surprendre. Après tout, le marché n’est-il pas le l’archétype de « l’ordre spontané » ou de la « main invisible » ? En fait, cela n’a rien de contradictoire. Déjà, beaucoup d’institutions (comme le langage) sont largement spontanées. Par ailleurs, ce n’est pas parce que le marché est une institution qu’il est obligatoirement « construit » intentionnellement, même si la question de la construction institutionnelle des marchés intéressent beaucoup d’auteurs travaillant sur l’économie institutionnelle. L’idée consiste à dire qu’un marché ne peut exister, ou en tout cas fonctionner, qu’à la condition qu’il s’appui sur un ensemble de règles, croyances, organisations, etc., induisant des comportements contribuant à le perpétuer pour qu’en retour, cette institution contribue à reproduire ces comportements. Prenons un exemple tout simple : lorsque je fais un achat par internet, mon comportement s’appuie sur une croyance selon laquelle je peux donner mon numéro de carte bancaire en toute sécurité. Cette croyance repose elle-même sur l’existence de règles juridiques me permettant d’obtenir réparation en cas de fraude. L’impact de cette règle sur mon comportement est lui-même dépendant d’une seconde croyance, relative cette fois au fait que je pense qu’il existe des autorités (des organisations) qui seront à même de faire respecter la règle de droit. Sans l’intégralité de ces trois éléments, l’échange ne se produira pas et le marché n’existera pas. En retour, une fois que ces éléments sont présents, le marché engendre des échanges qui eux-mêmes contribuent à accroitre la richesses globale. Il devient alors plus intéressant pour moi  de rentrer sur le marché parce a) les gains à l’échange vont en s’accroissant, b) les succès répétés des transactions précédentes renforcent mes croyances dans l’efficacité du marché en tant qu’institution et c) il devient a priori moins intéressant pour l’autre de frauder. Le marché est alors bien une institution auto-renforçante. De manière plus générale, le marché en tant qu’institution repose sur des éléments qui sont eux-mêmes d’autres institutions : une monnaie et un système monétaire fiables, des droits de propriété clairement définis et protégés, un dispositif assurant la circulation de l’information (notamment sur la qualité des produits), des règles juridiques encadrant les comportements des participants, des organisations (autorités indépendantes de régulation, tribunaux, Etat, entreprises). Lorsque le marché fonctionne bien, il tend à engendrer des comportements qui le renforce.

Conclusion

Définir le concept d’institution reste donc difficile. On commence toutefois à disposer d’un cadre analytique solide, qui permet de combiner analyses historiques et raisonnements plus ou moins formalisés. L’enjeu n’est pas mince puisqu’il est maintenant largement admis que les institutions sont le facteur majeur du développement économique. Un pays qui s’engage sur la voie de l’économie de marché ne peut se développer qu’à la condition que ses marchés fonctionnent correctement. L’ennui, c’est que certaines institutions sont difficiles à faire disparaître. Par exemple, la corruption des fonctionnaires est une des causes des problèmes de développements dans de nombreux pays. Par nature, elle tend à faire dysfonctionner le marché et d’autres institutions. Mais la pratique de la corruption est elle-même une institution, qui repose sur des normes, des croyances et des organisations. Ce n’est que par l’identification du « complexe institutionnel » spécifique d’une économie qu’il est ensuite possible d’agir pour améliorer la situation. 

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5 Commentaires

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5 réponses à “Les institutions pour un économiste, c’est quoi ?

  1. Gu Si Fang

    Merci pour ce « primer »!

    Je confirme le lien avec Rationality in economics de Vernon Smith. Les premières pages soulèvent pratiquement les mêmes questions (alors qu’il n’était pas évident a priori de voir le rapport entre rationalité et institutions). La notion d’institution permet d’expliquer des comportement qui ne semblent « irrationnels » que si on se limite à l’approche « homo oeconomicus » égoïste maximisant son utilité. V.Smith donne comme exemples la tragédie des communs (phare de Coase, et règles de gestion des pâturages suisses au Moyen-Age).

    Il insiste sur le fait que Smith, Hayek et d’autres avaient déjà souligné la prédisposition naturelle de l’homme à coopérer via des institutions. C’est la Théorie des sentiments moraux vs. la Richesse des nations chez Smith, ou l’ordre spontané vs. le constructivisme chez Hayek. Selon lui, il y a là quelque chose de profondément ancré dans la nature humaine, et que nous ne comprenons pas bien. Il considère que les institutions sont rarement le fruit d’une construction rationnelle consciente, même si on peut avoir cette impression en observant le résultat.

    Par exemple, dans les expériences d’échanges personnels, les gens sont plus coopératifs que ne le laisserait supposer le modèle néoclassique. Cet « altruisme » naturel n’est pas indispensable au fonctionnement du marché, mais cela contribue à son efficacité en réduisant les coûts de surveillance et de transaction. V.Smith dit qu’un de ses buts de recherche est de comprendre comment les institutions apparaissent. Un mécanisme comme l’enchère à double prix a été découvert il y a très longtemps, par des gens qui n’y connaissaient rien en théorie des jeux!

  2. Pingback: La discrimination comme processus évolutionnaire « Rationalité Limitée

  3. Christine

    Plus une question qu’un commentaire : à quelle définition rattachez-vous la conception des institutions inhérente au « consensus de Washington augmenté » (Rodrik, 2004) par laquelle les institutions internationales (FMI / BM) définissent implicitement comme « bonnes » institutions nécessaires au fonctionnement des marchés financiers : Droit de propriété / lutte contre la corruption / gouvernance d’entreprise / codes et standards financiers (ie : arrangements institutionnels visant à réduire les imperfections de marché – asymétries d’info ppalement- via une amélioration de l’information financière)?
    Merci d’avance

  4. C.H.

    Je pense que les institutions au sens où les entendent le FMI et la BM correspondent plus ou moins à la 4ème définition. L’idée c’est que pour que les marchés financiers fonctionnent correctement, il faut un certain nombre de règles favorisant un ensemble de régularités de comportements : de ce point de vue, des droits de propriété bien définis où de bonnes règles de gouvernance sont effectivement nécessaires. De manière générale, de « bonnes » institutions sont celles qui donnent de « bonnes incitations ». Je pense que c’est dans ce sens là que les organismes internationaux l’entendent.

  5. Titan

    Dans l’ensemble des définitions, pourtant bien fournies, je n’aperçois pas la notion d’institution la plus explicite; celle qui est « instituée » par des règles juridiques et qui s’imposent aux agents quels que soient leurs comportements d’ailleurs. Un éminent professeur de droit a écrit à juste titre que la régulation est un terme juridique, avant d’être économique. Pour moi, la régularité des comportements d’agents telle que vous retenez en conclusion est mieux décrite sous la dénomination de conventions qui est aussi une théorie économique, rappelons le!
    Je pense à l’appui de cet éminent professeur qu’une « institutionnalisation économique » au sens d’une organisation spontané des agents seulement par régulation économique n’a pas de sens sur le long terme. Car c’est omettre que dans l’incitation cupide de l’argent comme le fait remarquer Stiglitz, il faut que les agents aient en face des risques; des responsabilités, ce qui veut dire aussi des sanctions! Par ailleurs, cette libre régulation économique résulte plus d’une économie politique institutionnalisé que d’une liberté économique citoyenne. Ce qui veut dire que le système n’est pas indifférent du comportement de certains agents..

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