Corrélation n’est pas causalité
Un article plein de bon sens de John Kay dans le Financial Times sur les limites des modèles de gestion des risques utilisés en finance.
L’existence de corrélations n’implique pas qu’il y ait causalité entre les variables corrélées… cela est évident mais encore faut-il avoir les moyens de comprendre les mécanismes régissant les variations de la valeur des titres financiers : dit autrement, la précision quantitative ne remplacera jamais “l’intuition qualitative”. On peut d’ailleurs voir ce phénomène (qui renvoie à ce que Nassim Taleb appelle un ”black swan”) comme une manifestation du problème de l’induction soulevé par le philosophe écossais David Hume et repris par Karl Popper : ce n’est pas parce que tous les cygnes j’ai pu observer jusqu’à présent étaient blancs que je peux être certains que le prochain que je verrai le sera également. Qui plus est, les marchés financiers ont la spécificité d’être générateurs de comportements mimétiques comme souligné en son temps par Keynes. Ce mimétisme est à fort potentiel systémique : une micro variation dans les anticipations de quelques agents et c’est toute la convention financière qui disparait brusquement, entrainement l’apparition de mécanismes cumulatifs d’ampleur totalement imprévisible (voir la métaphore de l’effet papillon).
Bref, dans le domaine des marchés financiers , il faut se méfier plus qu’ailleurs de ce que disent nos outils statistiques.