C’est les “vacances”… enfin si on peut dire

19 juillet, 2008

Après 3 mois et demi de blogage “intense”, Rationalité Limitée prend quelques vacances bien méritées, histoire de revenir encore plus en forme pour la rentrée. Reprise des billets prévue pour le 15 août me dit-on.

Cependant, si le blog prend des vacances, une petite pensée s’il vous plaît pour son auteur qui lui, malheureusement, n’a pas trop le temps d’en prendre, des vacances. Thèse à écrire, nouveaux cours à préparer… que du bonheur !


De l’utilité des humanités

17 juillet, 2008

En ces temps de pragmatisme (au sens vulgaire, sarkozyste, pas philosophique), où tout doit avoir une utilité pratique immédiate, y compris l’enseignement, un texte comme ça fait du bien. Non, le savoir académique n’a pas vocation nécessairement à se traduire immédiatement en savoir-faire devant accroître la “compétitivité économique du pays” (expression que toute personne dotée d’une certaine culture économique n’utilisera pas). On devrait le faire lire à tous les idéologues du patronnat qui veulent que l’école apprennent aux jeunes ce qu’est la vie en entreprise. On devrait également le faire lire aux étudiants qui s’engouffrent dans les filières de gestion au prétexte que “c’est plus concret et que cela donne plus facilement accès à un emploi” (ce qui est faux soit dit en passant).


En France, on a 60 millions de sélectionneurs ; aux Etats-Unis, ils ont 300 millions d’économistes

16 juillet, 2008

C’est en tout cas un peu le concept que propose le New York Times en demandant à ses lecteurs ce que le gouvernement devrait faire selon eux pour stimuler l’économie américaine. Ne vous amusez pas à lire la centaine de réponses, la grande majorité n’ont guère d’intérêt. Mais la première est pas mal :

“Triple the minimum wage.
That would bring it more in line with increases in efficiency and rates in the late 70s. People make more, they spend more. All the money is just tied up in investments now, like bonds in Fannie and Freddie.”,

…idée approuvée quelques commentaires plus bas par un autre lecteur… De quoi décomplexer les abonnés du Monde ou les lecteurs des Echos dont les commentaires sont souvent croustillants. Pourtant, il parait que la foule est clairvoyante et sage, si l’on en croit ce (très intéressant) bouquin de James Surowiecki. En tout cas, une chose est sûre, il n’y a rien de pire que Keynes mal compris… mais ça en France on s’en est rendu compte depuis longtemps (sans qu’on en tire forcément les leçons !!).

Via Marginal Revolution


Les liens du matin (15)

15 juillet, 2008

A lire durant le week-end

12 juillet, 2008

Histoire de ne pas mettre totalement en veille son cerveau pendant ce long week-end, trois papiers à lire sur des thèmes divers :

* Sur Telos, un texte de Charles Wyplosz sur le choc pétrolier et ses conséquences… et sur les choses à ne pas faire. Très instructif.

* Un billet de Barkley Rosser qui explique que, conformément aux intuitions de Hyman Minsky et Charles Kindleberger, on (en l’occurence l’auteur) est parvenu à modéliser le phénomène suivant lequel la période qui suit l’explosion d’une bulle spéculative se décompose en deux temps : une période de “détresse financière” où on assiste à un long effondrement du prix des actifs, puis l’émergence d’un krach et d’une panique financière massive. Pour ceux qui n’ont pas froids aux yeux, allez jeter un oeil sur le papier “The Period of Financial Distress in Speculative Markets : Interacting Heterogeneous Agents and Financial Constraints”, disponible sur son site quelque part dans la liste. Les mois qui viennent devraient permettre un test grandeur nature du modèle. Via Economist’View.

* Sur Vox, pourquoi les effets de réputation n’incitent pas forcément les agences de notation à produire des ratings fiables.


Le dilemme du samaritain, où quand l’altruiste se fait exploiter

11 juillet, 2008

Parmi les idées reçues concernant l’analyse économique, figure celle suivant laquelle l’homoeconomicus est un individu égoïste ne recherchant que sa propre satisfaction personnelle. En fait, il apparait que les choses sont un peu plus compliquées que ça : il est aisé de faire de l’homme économique un être altruiste, au moins en partie désintéressé. Quelques implications intéressantes émergent alors, comme l’illustre l’exemple du “dilemme du samaritain”.

Lisez la suite de cette entrée »


Y’a du mieux…

11 juillet, 2008

Je n’aime pas les écrits et les thèses de Pascal Salin. Néanmoins, je dois avouer être en phase avec la moitié de sa tribune dans Les Echos sur les niches fiscales. La moitié seulement : car si les niches fiscales, créées de manière souvent arbitraire, sont à l’origine de distortions et que leur suppression est souhaitable, tant en terme d’efficacité qu’en terme d’équité, dire que par ailleurs il faut nécessairement réduire les impôts (en fait pour Salin, dans l’idéal, ce serait de les supprimer) ne va pas de soi.

Déjà, en se plaçant dans une optique proche de celle de l’économie de l’offre, à la Laffer (et à la Salin), et où il existe un taux d’imposition optimal, rien ne nous dit empiriquement qu’il faille baisser le taux d’imposition. La suppression des niches fiscales revient de fait à augmenter le taux d’imposition. Dire qu’en contrepartie il faille baisser ce taux revient à dire que l’optimum fiscal est quelque part en dessous. Très bien, on attend maintenant la preuve empirique. Problème : les économistes de l’offre n’ont jamais été en mesure de déterminer le taux d’imposition optimal.

D’autre part, ce genre de raisonnement oublie toujours la moitié du problème. Parce que si l’Etat prélève des impôts, ce n’est pas seulement pour satisfaire les besoins prédateurs et la soif de pouvoir des bureaucrates et des hommes d’Etat. C’est aussi, des fois, pour financer des biens publics et permettre une redistribution du revenu. Evidemment, les libertariens nous diront que les biens publics ça n’existe pas et que la redistribution est inefficace et injuste. Les approches à la Public Choice nous diront que la redistribution sert d’abord et avant tout aux politiciens à se faire ré-élir, sans le moindre souci pour les questions d’efficacité. Pourquoi pas. Seulement ce sont des choses qui se discutent et qui n’ont rien d’évidentes. En tout état de cause, affirmer que la diminution drastique de l’imposition est indispensable sans se poser la question des arrangements institutionnels alternatifs permettant de remplacer les dispositifs publics ne tient pas. Supprimer les niches fiscales c’est une chose, baisser voire supprimer les impôts, c’est une question totalement différente.


Je n’aime pas les vélos en ville… et je ne suis pas le seul

10 juillet, 2008

Il y a quelques semaines de cela, j’avais “démontré” par un raisonnement implacable qu’il était mieux de venir à son travail en voiture qu’en vélo, parce que le risque de vol est moins grand. Tyler Cowen apporte, dans une perspective différente, de l’eau à mon moulin : un raisonnement rationnel indique qu’il faut favoriser les voitures en ville au détriment des vélos. Conducteur de voitures, venez rejoindre le grand mouvement de libération contre l’oppression exercée par les deux roues non motorisés !


Rien à ajouter…

10 juillet, 2008

… à cette tribune de Jacques Delpla dans Les Echos.


Histoire d’oignons et catastrophes imprévisibles

9 juillet, 2008

Deux thèmes qui n’ont absolument rien à voir mais sur lesquelles il y a des choses à lire ce matin :

* Alex Tabarrok de Marginal Revolution apprend à ceux qui ne le savait pas qu’aux Etats-Unis, les marchés à terme sur l’oignon sont interdits depuis 1958. A l’époque, ces marchés étaient suspectés d’être à l’origine des fluctuations très sensibles du prix de l’oignon. Don Boudreaux de Cafe Hayek indique que même après le bannissement des marchés à terme, les fluctuations n’ont pas cessé. Au contraire, ces marchés avaient plutôt tendance à lisser les variations.

* Tribune très sympa de John Kay dans le Financial Times sur l’imprévisibilité des grandes catastrophes mettant en péril la survie de l’Humanité. Un point me gêne quand même un peu. A la fin de la tribune, il est dit : “The best way of dealing with grave uncertainties, as with more banal disasters, is to buy options against them. For each potential catastrophe, we should undertake research to ascertain what we might do if a remote possibility becomes a plausible reality”. Admettons. Le problème, c’est que nous sommes typiquement en situation d’incertitude radicale dans laquelle nous ignorons les limites de notre propre ignorance : on parvient à imaginer un ensemble de catastrophes potentielles mais nous sommes dans l’incapacité de concevoir nos propres limites dans la conception de ces catastrophes. En fait, je me demande si la limite de notre cognition ne se situe pas au niveau du fait que notre capacité d’anticipation s’arrête à l’idée que, si doit arriver une catastrophe mettant un terme à notre espèce, elle prendra une forme que l’on aura pas imaginé. Bref, on sait que l’on est ignorant et que c’est cela qui causera notre perte, mais on ne sait pas où se situe les frontières de notre ignorance… Hum, ça me donne envie de relire cet excellent ouvrage de Jean-Pierre Dupuy tout ça…